• Forum sur la paix à Kidal du 27 au 30 mars prochain : IBK frappe un grand coup

    Dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord de paix issu du processus d’Alger et pour mettre fin à la crise que le Mali connait depuis 2012, le président de la République Ibrahim Boubacar Keita, a, lors d’une réunion avec les responsables de la CMA, décidé de la tenue d’un forum sur la paix à Kidal du 27 au 30 mars prochain.

    Les autorités maliennes, avec les rebellions cycliques que le pays a connues  ont toujours fait preuve de concession pour permettre le retour de la paix. De concessions en concessions, elles sont toujours parvenues à mettre fin aux rebellions touaregs.  Celle qui est née en 2012 a pour spécificité que les rebelles ont traité avec les terroristes, narcotrafiquants et Djihadistes. Et c’est cela qui a nécessité l’implication de certains pays comme la France ou encore des nations unies à travers la Minusma. Car le pays tout seul ne pouvait pas faire face à la menace terroriste qui concernait l’ensemble des pays du sahel.

    Mais, du début de cette crise à nos jours, beaucoup d’eau a coulé sous le pont, les positions qui étaient tranchées au début se rapprochent de jour en jour entre autorités du Mali et ex-rebelles qui ont d’ailleurs apposé leurs signatures sur un accord de paix et de réconciliation nationale. Il s’agit de l’accord issu du processus d’Alger signé entrer les deux parties les 15 mai et 20 juin 2015 et dont la mise en œuvre se prépare sur le terrain.

    Un forum pour la paix à Kidal, épicentre de la rébellion

    Qui l’aurait cru il ya encore quelques mois ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que dans la résolution de cette crise, les autorités du Mali tiennent désormais le bon bout. Surtout depuis que le président IBK, lors d’une rencontre avec les membres de la CMA a décidé  l’organisation d’un forum sur la paix à Kidal du 27 au 30 mars prochain.

    Pourquoi un forum sur la paix à Kidal et non à Bamako ? Les explications sont toutes simples. En effet, la ville de Kidal est perçue comme le fief des ex-rebelles touaregs. Elle a toujours été l’épicentre des nombreuses rebellions touaregs que le Mali a connues depuis son accession à l’indépendance.

    Aussi, cette ville renferme une des pages les plus sombres de la rébellion que le Mali connait depuis 2012.

    La rébellion est née à Kidal avant d’atteindre les autres régions du nord que sont Gao et Tombouctou.  Pour réussir  leur coup, les rebelles touaregs du MNLA on composé avec les terroristes, les narcotrafiquants. Toute chose qui leur a permis de prendre ces régions des mains de l’armée malienne.

    Cependant, après avoir réussi à chasser les militaires maliens, les rebelles touaregs du MNLA eux-mêmes seront chassés de ces localités comme des mal propres par leurs alliés terroristes, les obligeants à retourner à Kidal ou à se refugier  dans les pays voisins comme le Burkina Faso, le Niger, l’Algérie, la Mauritanie, etc.… C’est à partir de ces pays qu’ils faisaient leur propagande sans être sur le terrain.

    Ainsi, les terroristes et djihadistes qui ont imposé des lois d’une autre  époque aux populations restées sur place, vont tenter de progresser vers les  régions  du sud du pays. C’est dans cette aventure machiavélique qu’ils seront stoppés  à partir de la ville de Kônna par l’opération ‘’Serval’’ venue au secours du Mali. Et du coup, va suivre la libération des régions de Gao et de Tombouctou par l’armée malienne épaulée par la force Serval.

    Ainsi, l’armée française était perçue comme un sauveur, le bon samaritain jusqu’à ce que celle-ci décide d’aller seule à Kidal, où l’armée malienne a été interdite de mettre les pieds. La seule explication étant une crainte d’exactions contre les populations civiles une fois que les militaires maliens entreront à Kidal. Surtout que cette situation est intervenue après l’exécution sommaire de plus d’une centaine de militaires maliens à Aguel hoc.

    C’est à partir de là que de nombreux Maliens vont commencer à douter de la sincérité de la France.

    La présence de la force Serval à Kidal sans l’armée malienne va créer un sentiment anti-français au sein de l’opinion publique nationale. Cela va se manifester par des marches de protestation, des sit-in devant l’Ambassade de la France au Mali. Et sous la pression de la rue, les choses vont un peu changer  dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord préliminaire de Ouagadougou qui va permettre l’organisation des élections présidentielle et législative en 2013.

    Ainsi, même s’ils n’étaient pas très libres de leurs mouvements, des forces de sécurité maliennes seront déployées à Kidal. Suivra le retour des services sociaux de base dans les régions de Gao et Tombouctou mais pas à Kidal qui n’était pas encore sous le contrôle du Mali.

    C’est face à cette situation et pour réaffirmer l’appartenance de Kidal au Mali que le Premier ministre Moussa Mara, à la tête d’une délégation gouvernementale va effectuer une visite dans les trois régions du nord. Si ses visites à Gao et Tombouctou se sont bien passés, celle de Kidal a été lourde de conséquences. Car, lui-même et les membres du gouvernement qui l’accompagnaient ont failli y laisser la vie sous les balles des rebelles sans que ni la force Serval encore moins la Minusma ne lèvent le petit doigt. Ajouté à cela, des représentants de l’Etat (Préfets, sous-préfets…) vont être  froidement abattus. Sans compter les nombreux miliaires qui y ont perdu  la vie dans un baroud d’honneur pour tenter de reprendre le gouvernorat et le siège de l’ORTM des mains des rebelles.

    Depuis ce triste évènement qui a conduit à la signature d’un accord de cessez-le-feu, les armes se sont légèrement tues. Dans les régions de Gao et Tombouctou, les services sociaux de base sont retournés, la plupart des écoles sont ouvertes, les centres de santés fonctionnent et les forces armées et de sécurité sont présentes pour assurer leur mission régalienne de défense de l’intégrité territoriale et de protection des personnes et de leurs biens.

    Dans ces régions, ce sont les terroristes qui continuent à commettre des attentats contre les positions des FAMas ou de la Minusma.

    Ce qui n’est pas le cas à Kidal, fief des ex-rebelles. Car  bien qu’ayant apposé leur signature sur l’accord de paix, certains continuent à demander l’indépendance de leur République imaginaire de l’Azawad.

    Et la meilleure manière de les faire revenir à de meilleurs sentiments était d’aller échanger avec eux chez eux. Prouver au monde entier que le Mali est prêt à tout au nom de la paix. C’est ce que les autorités maliennes ont compris. D’où l’organisation du forum sur la paix à Kidal du 27 au 30 mars 2016 à plus de 1500 kilomètres de la capitale Bamako comme pour dire que Kidal représente la même  chose pour les autorités au même titre que les autres régions du Mali.

    Ce forum est un signal fort et marque une lueur d’espoir pour  le retour définitif de la paix pour le gouvernement malien, la Plateforme et la CMA.

    1. D

     

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